Aviator couvre près de vingt ans de la vie tumultueuse d'Howard
Hughes, industriel, milliardaire, casse-cou, pionnier de l'aviation
civile, inventeur, producteur, réalisateur, directeur de studio et séducteur
insatiable. Cet excentrique et flamboyant aventurier devint un leader
de l'industrie aéronautique en même temps qu'une figure mythique, auréolée
de glamour et de mystère.
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Film américain.
Genre : Biographie
Durée : 2h 45min.
Année de production : 2003
Titre original : The Aviator
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Neveu de l'écrivain et cinéaste Rupert Hughes,
Howard Hughes est un enfant couvé par une mère
maniaque de l'hygiène. Héritant de la fortune de son père,
fondateur de la Hughes Tool Company, société qui gère
la majeure partie du petrole texan, l'adolescent se
montre peu intéressé par les études. En 1925, il fait
ses débuts de producteur avec un film qui ne sera pas
commercialisé : Swell
Hogan, réalisé par un ami acteur. Après cette
expérience désastreuse, son entourage le dissuade de
poursuivre dans cette voie, mais l'entêté Hughes crée
en 1927 sa maison de production, la Caddo, et obtient
ses premiers succès avec les comédies Everybody's
acting de Marshall
Neilan et surtout Frères
d'armes, qui vaut à Lewis
Milestone le tout premier Oscar du Meilleur réalisateur.
Passionné d'aviation, Howard Hughes se lance en 1927
dans la réalisation de son premier long-métrage, Hell's
angels avec Jean
Harlow -projet d'autant plus ambitieux que le cinéaste
ne bénéficie de l'appui d'aucun grand studio. Après
un tournage long et coûteux (Hughes multiplie les
prises de façon obsessionnelle), le film rencontre à
sa sortie un grand succès critique et public, grâce à
de spectaculaires scènes de combats aériens. Le
producteur choisit ensuite Howard
Hawks pour réaliser le film de gangsters Scarface,
oeuvre séminale dont la violence déclenche les foudres
de la censure en 1932. Les liaisons de Hughes avec des
dizaines d'actrices de renom, de la vedette du muet Billie
Dove à Ava
Gardner en passant par Katharine
Hepburn, viennent renforcer la réputation
sulfureuse du producteur.
Se consacrant au milieu des années 30 à son autre
marotte, l'aviation, le fougueux Howard Hughes bat à
plusieurs reprises des records de vitesse et rachète en
1939 la compagnie TWA. Il revient ensuite au cinéma
pour tourner son deuxième long-métrage, Le
Banni (1943), nouveau défi aux ligues de vertu
: le cinéaste provocateur se plaît en effet à filmer
avec insistance le décolleté d'une débutante nommée Jane
Russell. Alléché par une campagne promotionnelle
massive, le public vient en nombre, mais au bout de
quelques semaines d'exploitation, Hughes met son film
sous séquestre -il ne ressortira qu'en 1946. Devenu en
1948 le patron, très interventionniste, de la RKO, il
produit notamment Le
Paradis des mauvais garçons réalisé par Josef
von Sternberg et Nicholas
Ray, et Un
si doux visage d'Otto
Preminger. Mais les excentricités de Hughes (obligé
de revendre ses parts de la TWA en 1966) mènent le
studio, déjà sur le déclin, à la faillite. Rattrapé
par ses démons -la paranoïa, la phobie des microbes-
Howard Hughes passera les dernières années de sa vie
reclus dans un grand hôtel du Nevada.
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